Appellation d’Origine Contrôlée Champagne : AOC Champagne

AOC Champagne
Vignoble de Champagne

Pour bien comprendre la Champagne et mesurer les enjeux liés à son histoire et à son avenir, il est important de rappeler ce qu’est l’AOC Champagne, une appellation d’origine contrôlée. La Champagne est devenue une référence grâce à la patiente construction, au siècle dernier, de critères spécifiques et entérinés par plusieurs lois garantissant l’authenticité, la qualité et l’origine.

Historique de l’appellation d’origine contrôlée Champagne : AOC Champagne

La première loi sur les AOC françaises de 1905 eut comme objectif premier de lutter contre les fraudes et permettre aux régions productrices de porter et d’utiliser l’appellation d’origine déterminée. Dès le départ, les caractéristiques du vin, liées notamment au sol et au cépage, font partie intégrantes des textes réglementaires. Au début du siècle, les Champenois dressent également les bases d’une délimitation afin de protéger les producteurs des usurpations.
S’ensuivront toute une série de démarches de protection au fur et à mesure que la renommée du champagne se déployait dans le Monde.
Le 30 juillet 1935, la notion même d’Appellation d’Origine Contrôlée et l’INAO, Institut National de l’Origine et de la Qualité, sont créés. Un an plus tard, le 29 juin 1936, c’est au tour de la Champagne de devenir Appellation d’Origine Contrôlée : l’AOC Champagne.
Peu à peu, la Profession champenoise s’organise, intégrant à parité Négociants et Vignerons, et permet la création du CIVC, en 1941. Dès le départ, l’Interprofession est chargée de défendre l’AOC Champagne, notamment face à la multiplication de contrefaçons et d’usurpations des vins mousseux se présentant comme du champagne.
Au fil du temps, le CIVC, s’appuyant sur des bureaux implantés dans 16 pays, se concentre sur la défense de l’appellation à travers le Monde mais aussi partout où le terme est utilisé à tort : cigarettes, cosmétiques, produits alimentaires… Le détournement de notoriété n’a qu’à bien se tenir  ! Progressivement, l’appellation est reconnue dans de nombreux pays, 115 aujourd’hui.
Veillant à  élever le niveau qualitatif, les Champenois ont eux-mêmes fixé et fait reconnaître des règles de qualité. Les premières ne concernent que les cépages autorisés (pinot noir, meunier et chardonnay, pinot blanc, pinot gris et arbanne et petit meslier). Peu après, lors de la création de l’AOC Champagne, le décret de 1935 fixe des règles complémentaires comme le rendement à la vendange et au pressurage, le degré alcoolique ou encore le vieillissement.

Les principales règles de l’AOC Champagne

  • Une zone strictement délimitée.
  • Des cépages autorisés : chardonnay, pinot noir, meunier, pinot blanc, pinot gris, arbane, petit meslier
  • 4 tailles de la vigne : Royat, Chablis, Guyot, Vallée de la Marne
  • Une limitation du rendement en raisins à l’hectare définie chaque année
  • Un rendement au pressurage
  • Un degré minimum d’alcool en puissance, à la vendange
  • Une deuxième fermentation en bouteilles et maturation sur lies pendant 15 mois minimum pour les non millésimés, 3 ans pour les millésimes.

Soucieux d’améliorer la qualité de leurs vins, les Champenois apportent constamment des modifications aux règles établies. Entre autres, on peut citer la révision de la densité des plantations en 1978, l’interdiction de tirer les vins en bouteilles avant le 1er janvier suivant la récolte, allongement de la durée du vieillissement en bouteilles ou encore agrément des centres de pressurage. Toutes ces règles font partie du cahier des charges de l’appellation, véritable « table des lois » de la Champagne.

Perspectives d’avenir pour l’AOC Champagne

Dernier grand chantier décidé par les Champenois, la révision de la délimitation a été lancée en 2003, et menée par l’INAO. L’objectif visé est encore une fois de poser de façon objective les critères permettant à une terre à vigne de prétendre à l’appellation. Basée sur un travail d’études à la fois historiques et socio-économiques, cette révision est entrée dans une phase d’analyses des critères géomorphologiques et devrait aboutir d’ici 4 à 5 ans.

Les deux appellations de vins tranquilles Champenois

Moins connues, deux autres appellations de vins tranquilles côtoient le champagne : le rosé des Riceys (du nom de la commune auboise où sont plantées les vignes) et le Coteau champenois. Ce sont des productions plutôt confidentielles, représentant environ 1000 à 1200 hl.