Vigneron en Champagne : le garant de l’appellation

L’une des particularités de la Champagne tient au fait que 90 % du vignoble est exploité par les vignerons, d’où son fort morcellement (on dénombre environ 280 000 parcelles sur les 5 départements de l’appellation Champagne). Cette situation engage collectivement les vignerons à garantir l’excellence et la renommée des vins de Champagne.

Vigneron en Champagne
Vigneron en Champagne

Vigneron Champenois : un métier physique et technique

Les pieds dans la terre, le vigneron de Champagne apporte les soins nécessaires à ses vignes en les cultivant au gré des quatre saisons. Le talent du vigneron, qu’il élabore ou non son propre vin, est de favoriser l’expression des terroirs sur lesquels poussent ses vignes.

Chaque période apporte son lot de travaux, depuis la taille jusqu’à la récolte. Au quotidien, il effectue des gestes précis, le plus souvent manuels, synthèses de savoir-faire traditionnels et de pratiques respectueuses de l’environnement.

La taille constitue le premier des travaux saisonniers effectués à la vigne. Commencée au tout début de l’hiver jusqu’en mars, elle a vocation à préparer le pied de vigne alors qu’il est encore en sommeil végétatif. En Champagne, quatre types de taille sont autorisés dans le cahier des charges, véritable « tables des lois » de toute appellation : Chablis, Cordon, Guyot et Vallée de Marne. Ils sont utilisés selon les cépages et les terroirs.

A l’issue de l’hiver jusqu’à fin juin, les « petites mains de la Champagne » effectuent le liage, l’ébourgeonnage, puis le palissage et le relevage, accompagnant la croissance et le développement de chaque pied de vigne.

Pendant l’été, les vignerons réalisent le rognage,  souvent de façon mécanique, donnant au vignoble son aspect soigné qui ravit les touristes estivaux en visite en Champagne.

Dès le mois de juin, tous les regards se focalisent sur l’avancée de « la fleur », indicateur fort permettant d’évaluer le potentiel quantitatif et qualitatif mais aussi les dates approximatives des vendanges à venir. De tradition, on évoque la période de 90 jours entre la floraison et les premiers coups de sécateurs.
Le mode de détermination des dates d’ouverture de vendange et la fixation des rendements constituent également des modèles très spécifiquement champenois.

Vigneron champenois, un métier en évolution

Avec le temps, des outils et des méthodes sont venus compléter cet indicateur naturel. Des vignerons-observateurs sur le terrain font remonter leurs informations aux techniciens qui compilent ces données avec des prélèvements réguliers. Au moyen de ces informations, modélisées et synthétisées, les deux représentants des Vignerons et des Maisons, réunis au sein du Comité Champagne, se positionnent sur des dates précises de début de récolte par village et par cépage mais aussi ils décident collectivement d’un rendement unique pour l’AOC.

La récolte est forcément une période tendue pour chaque vigneron car elle est l’aboutissement d’une année de travaux à la vigne, avec les incertitudes parfois lourdes liées en Champagne à sa situation septentrionale.

Pendant les vendanges, habituellement en septembre, durant 15 jours environ, les pressoirs vont tourner jour et nuit, grâce au travail acharné de quelque 120 000 personnes. Car la Champagne est l’une des rares régions viticoles à procéder à des vendanges entièrement manuelles, garantie d’une préservation optimale de la qualité des jus.